mardi 23 juin 2026

Cusco


CUSCO, L'ANCIENNE CAPITALE DE L'EMPIRE INCA

Après les grands espaces du lac Titicaca et du canyon de Colca, nous retrouvons l'agitation urbaine à Cusco. Située à 3 400 mètres d'altitude, l'ancienne capitale de l'Empire inca est souvent considérée comme le cœur culturel du Pérou. Et dès les premières heures, on comprend pourquoi.

Cusco possède une atmosphère unique : les vestiges incas côtoient les palais coloniaux espagnols, les marchés populaires voisinent avec les restaurants branchés et les rues pavées grimpent à l'assaut des collines environnantes.

Nous y avons passé cinq nuits au total : quatre au début de notre découverte de la région puis une dernière après notre séjour dans la vallée sacrée. Et honnêtement, nous aurions pu y rester davantage tant il y a de choses à voir.

                                                                           REJOINDRE CUSCO DEPUIS AREQUIPA


Pour rejoindre Cusco depuis Arequipa, nous avons choisi de voyager de nuit avec la compagnie Cruz del Sur. Le départ était prévu à 20h45 et nous sommes arrivés au terminal terrestre de Cusco vers 7h du matin après une excellente nuit de sommeil.
Nous avions un peu d'appréhension avant ce trajet de plus de dix heures, mais les bus au Pérou sont particulièrement confortables. Les sièges s'inclinent largement (jusqu'à 160°), l'espace pour les jambes est généreux, il y a des rideaux qui permettent de s'isoler et l'ambiance est très calme.


Le billet nous a coûté 100 soles par personne, soit environ 25 €. Au-delà du confort, ce choix présente selon nous deux avantages majeurs : il permet de gagner une journée entière de visite et d'économiser une nuit d'hôtel.
Pour un voyage de plusieurs semaines comme le nôtre, c'est une formule que nous n'hésiterions pas à reprendre. 

                                                                                      OU LOGER A CUSCO ?

Pour nos quatre premières nuits, nous avons séjourné à la Hosteria de Anita, dans le quartier de San Blas (197 € pour 4 nuits). L'hôtel possède un magnifique jardin intérieur particulièrement calme, ce qui est appréciable après les journées passées à arpenter la ville.

Pour notre dernière nuit à Cusco avant le retour sur Lima, nous avons choisi le Samana B&B (51 € la nuit). La chambre était superbe et offrait une très belle vue sur les toits du quartier de San Cristóbal.


LE BOLETO TURISTICO : UN PASS TRES VITE RENTABILISE

Si vous prévoyez de visiter plusieurs sites autour de Cusco, il y a de fortes chances que vous ayez besoin du Boleto Turístico. Ce pass touristique permet d'accéder à la plupart des principaux sites archéologiques et culturels de la région, dont Sacsayhuamán, Puka Pukara, Pisac, Ollantaytambo ou encore Chinchero.

Nous avons acheté le pass complet au tarif de 130 soles par personne (environ 30 €) lors de notre visite de Sacsayhuamán. Sur le moment, la somme peut sembler un peu élevée, mais elle est rapidement amortie dès lors que l'on visite plusieurs sites de la Vallée Sacrée car chaque entrée vaut déjà 70 soles.

Si, comme nous, vous comptez passer plusieurs jours à Cusco et explorer les environs, nous vous conseillons de l'acheter dès votre première visite. Cela évite de repayer des entrées à chaque étape et simplifie grandement l'organisation du séjour. 

SE PERDRE DANS LES RUES DE SAN BLAS                                                             

S'il y a un quartier où nous avons aimé flâner, c'est bien celui-ci.

Situé sur les hauteurs du centre historique, il est composé de ruelles étroites pavées dont les murs sont colorées de fresques toutes plus belles les unes que les autres. On y découvre également des ateliers d'artisans, des cafés, de petites places ombragées et plusieurs points de vue sur la ville.

 

 

 

Nous avons aussi particulièrement aimé le marché de San Blas où nous avons dégusté plusieurs jus de fruits fraîchement préparés : c'est notre petit pêcher mignon 😋


CUSCO, ENTRE HERITAGE INCA ET ARCHITECTURE COLONIALE

Comme souvent, nos pas nous mènent rapidement vers la Plaza de Armas, véritable cœur des villes hispaniques. Nous tombons immédiatement sous le charme de cette grande place étonnamment verte et fleurie. Entre les pelouses impeccablement entretenues et les massifs colorés, l'endroit invite à faire une pause et à simplement observer la vie qui s'y déroule.


 

Tout autour ainsi que dans les rues adjacentes, les façades coloniales attirent le regard. Nous passons un long moment à admirer les magnifiques balcons en bois sculpté qui surplombent les rues. Certains sont entièrement fermés par de fins claustras, d'autres s'ouvrent largement sur l'animation de la ville. 



Ce qui rend Cusco fascinante, ce sont surtout les traces omniprésentes de la civilisation inca. Partout dans les rues, les constructions coloniales espagnoles reposent directement sur les anciennes fondations incas. Les murs sont composés d'immenses blocs de pierre parfaitement ajustés sans aucun mortier. On a beau les observer de près, il est difficile d'imaginer comment un tel travail a pu être réalisé il y a plusieurs siècles.

Nous sommes bien sûr allés voir la célèbre "Pierre aux douze angles"située dans la rue Hatun Rumiyoc. C'est l'un des symboles de l'ingénierie incaprobablement la plus connue de tout le Pérou. Devant elle, on reste admiratif du génie des bâtisseurs incas et de la précision incroyable de leurs constructions.



LE MARCHE SAN PEDRO

Pour découvrir le quotidien des habitants, direction le marché San Pedro. Il est carrément immense ! On y trouve absolument tout : fruits, légumes, épices, vêtements, plats cuisinés, jus de fruits frais et même des remèdes traditionnels à base de plantes.

Nous avons particulièrement apprécié son ambiance authentique.



SACSAYHUAMAN: LE GENIE DES BATISSEURS INCAS

À quelques minutes seulement du centre-ville se trouve l'un des sites les plus impressionnants de la région : Sacsayhuamán.

Plutôt que de prendre un taxi, nous avons choisi d'y monter à pied depuis le quartier de San Blas en traversant la forêt d'eucalyptus qui domine la ville. Sur la carte, cela semblait assez simple... mais nous avions oublié un détail : ça grimpe sérieusement ! Entre les rues pentues de San Blas et les interminables escaliers qui mènent au site, nous avons rapidement compris que les 3 400 mètres d'altitude de Cusco n'étaient pas là pour faire joli.

Pourtant, cela faisait déjà une dizaine de jours que nous étions au Pérou et nous pensions être acclimatés. En réalité, nous ressentions encore nettement les effets de l'altitude : le souffle est plus court, les montées paraissent plus longues et nous avons terminé certains escaliers un peu plus essoufflés que nous ne l'aurions souhaité ! La balade est néanmoins très agréable et permet de prendre progressivement de la hauteur tout en profitant de belles vues sur Cusco.

Avant d'atteindre Sacsayhuamán, nous faisons une halte au Cristo Blanco, l'immense statue blanche qui veille sur la ville depuis les hauteurs. Le panorama sur Cusco est déjà superbe, mais nous avons eu la bonne idée d'y faire voler notre drone. De là-haut, la vue est tout simplement magique : les toits rouges du centre historique, les collines environnantes et l'immensité de la vallée offrent un spectacle dont on ne se lasse pas.

À quelques minutes à pied seulement du Cristo Blanco se trouve l'entrée de Sacsayhuamán, accessible par un petit sentier ombragé.

Construite au XVe siècle, cette immense forteresse inca est célèbre pour ses gigantesques murs en zigzag composés de blocs de pierre monumentaux. Certains pèseraient près de 200 tonnes et pourtant les assemblages sont d'une précision remarquable : l'artisan Bricomano83 qui sommeille en Fred en est resté baba !


En s'approchant, on remarque que les pierres ne sont ni rectangulaires ni régulières. Certaines présentent de nombreux angles, d'autres sont même taillées en courbes ! Plus on les observe, plus on se demande comment les Incas ont pu réaliser un travail aussi précis sans les outils modernes dont nous disposons aujourd'hui. C'est tout simplement fascinant.

Ce qui nous a également beaucoup plu, c'est la taille du site. Sacsayhuamán est immense et, même si de nombreux visiteurs s'y promènent chaque jour, on ne ressent jamais vraiment la foule. Chacun trouve facilement un coin tranquille pour admirer les vestiges ou profiter du panorama.




En ce mois de mai, les collines étaient encore d'un vert éclatant grâce à la saison des pluies qui venait de s'achever. Des lamas et des alpagas paissaient tranquillement dans les vastes espaces herbeux autour des ruines, ajoutant encore un peu plus de charme au lieu.

Pour le retour, nous avons choisi de redescendre par le quartier de San Cristóbal, ce qui nous a permis de réaliser une jolie boucle. Et comme Fred adore les randonnées en boucle, il était évidemment hors de question de revenir par le même chemin ! 😄

Cette descente nous a également permis de découvrir quelques-unes des plus jolies ruelles de Cusco. Nous avons particulièrement aimé la Calle Siete Borreguitos, une petite rue pavée pleine de charme, décorée de jardinières colorées accrochées aux murs. Avec ses escaliers de pierre, ses façades blanches et ses fleurs qui débordent un peu partout, c'est l'un de ces endroits où l'on prend plaisir à flâner et à sortir l'appareil photo à chaque coin de rue.

 


VINICUNCA ET LA VALLEE ROUGE

Parmi les excursions les plus populaires au départ de Cusco figure bien sûr la célèbre Montagne aux 7 couleurs, ou Vinicunca. Impossible de passer quelques jours dans la région sans voir des dizaines d'agences proposer cette sortie.

Mais un détail nous refroidissait un peu : la plupart des excursions partent vers 4 heures du matin et arrivent toutes quasiment en même temps sur le site. Très peu pour nous !

Grâce au groupe Facebook Les Français au Pérou, nous avons trouvé le contact WattsApp de Reynaldo, un guide local proposant une approche différente. Son idée : partir plus tard de Cusco, découvrir d'abord la spectaculaire Vallée Rouge, beaucoup moins fréquentée, puis rejoindre Vinicunca lorsque la majorité des groupes organisés ont déjà quitté les lieux.

Nous lui avons donc fait confiance... et nous ne l'avons absolument pas regretté.

Le départ est donné à 7 heures depuis la Plaza de Armas de Cusco à bord d'un minibus d'une dizaine de places. Après environ trois heures de route, dont la dernière partie sur une piste en terre qui grimpe rapidement dans les montagnes, nous atteignons le point de départ de la randonnée.

À notre arrivée à 4600 mètres d'altitude, le parking est encore rempli de bus touristiques et pourtant durant 4h nous ne croisons presque aucun touriste !

L'ascension est progressive et les paysages changent constamment au fil de la montée. Les montagnes prennent des teintes de plus en plus étonnantes. L'altitude se fait sentir alors nous progressons lentement... mais sûrement !






Lorsque nous atteignons le col à 5045 mètres d'altitude, le vent souffle fort et nous devons nous couvrir. Mais nous oublions immédiatement l'effort et le froid en découvrant le panorama qui s'offre à nous.

Devant nous s'étend la Vallée Rouge, un paysage totalement irréel. Des collines rouges, ocres, cuivrées avec des touches de vert semblent se prolonger jusqu'à l'horizon. Honnêtement, nous ne nous attendions pas à une telle claque visuelle. Si Vinicunca est devenue mondialement connue, cette Vallée Rouge reste beaucoup plus confidentielle et nous a peut-être encore davantage impressionnés.





Nous prenons le temps d'y pique-niquer, presque seuls au monde, avant de poursuivre tranquillement notre randonnée vers le mirador de Vinicunca


Lorsque nous arrivons enfin face à la célèbre montagne aux 7 couleurs, la plupart des groupes sont déjà repartis. Nous pouvons donc profiter du site dans une ambiance beaucoup plus calme et prendre le temps d'admirer ces incroyables strates colorées façonnées par les minéraux présents dans la roche.

Même si les photos de Vinicunca font aujourd'hui le tour du monde, la voir de ses propres yeux reste un moment marquant. Et grâce à cet itinéraire alternatif, nous avons eu le sentiment de découvrir deux sites exceptionnels en une seule journée.




PISAC, VILLAGE DE LA VALLEE SACREE

À seulement 45 minutes de Cusco, Pisac est souvent une simple étape pour visiter son célèbre site archéologique. Et pourtant, le site inca mérite largement la visite avec ses terrasses agricoles, ses fortifications et ses vues magnifiques sur la vallée.

Pour nous y rendre depuis Cusco, nous empruntons un collectivo au départ de la rue Puputi. Pour seulement 6 soles par personne (environ 1,50 €), nous rejoignons le village en une quarantaine de minutes à travers la Vallée Sacrée.

Dès notre arrivée, nous ressentons rapidement un changement de climat. En effet, Pisac se situe dans une vallée différente de celle de Cusco ; nous sommes ici dans la Vallée Sacrée qui bénéficie de températures plus douces. Ce jour-là, nous apprécions cette sensation de chaleur après plusieurs journées passées sur les hauts plateaux andins.

Le site archéologique domine la vallée, près de 500 mètres au-dessus de la ville. Pour nous y rendre, nous prenons un taxi qui grimpe par une route en lacets pendant une quinzaine de minutes. C'est probablement le trajet en taxi le plus cher de tout notre voyage : 30 soles pour quelques kilomètres ! Heureusement, l'entrée du site est déjà comprise dans le Boleto Turístico.

Les ruines de Pisac comptent parmi les plus importantes de la Vallée Sacrée. On y découvre d'impressionnantes terrasses agricoles épousant parfaitement les courbes de la montagne, d'anciens quartiers d'habitation, des temples et des postes de surveillance dominant toute la vallée. Comme souvent avec les constructions incas, ce qui impressionne le plus reste l'incroyable adaptation du site au relief naturel. Tout semble avoir été construit en parfaite harmonie avec la montagne.


 

Pour redescendre, nous préférons délaisser le taxi et emprunter le sentier qui rejoint directement le village. Et quelle bonne idée ! Le chemin traverse des paysages magnifiques, tantôt le long des terrasses verdoyantes, tantôt par des escaliers parfois très raides ou des passerelles aménagées à flanc de montagne. La vue sur la vallée est superbe du début à la fin et nous profitons même d'une pause pique-nique face à ce décor grandiose.




À notre arrivée dans le village, le charme opère immédiatement. Pisac possède une ambiance très bohème. Sur la place principale et dans les rues adjacentes se déploie un immense marché à ciel ouvert particulièrement coloré. Les étals débordent de ponchos, de sacs tissés, de bijoux en argent, de céramiques et d'objets artisanaux. Même sans avoir l'intention d'acheter quoi que ce soit, il est difficile de ne pas flâner longuement dans cette joyeuse effervescence.



Pisac dégage vraiment une énergie très particulière. C'est sans doute l'un des villages qui nous a le plus séduits durant ce voyage. Si nous avions eu davantage de temps, nous y aurions volontiers passé une ou deux nuits pour profiter pleinement de cette ambiance unique.