dimanche 31 mai 2026

Le Machu Picchu




La ville d'Ollantaytambo constitue l'un des principaux points de départ pour rejoindre le Machu Picchu. Et forcément, visiter l'une des sept nouvelles merveilles du monde faisait partie des moments que nous attendions le plus de ce voyage.


Avec cette visite, nous ajoutons une quatrième merveille à notre carnet de route, après le Colisée à Rome, Pétra en Jordanie et Chichén Itzá au Mexique.

Autant dire que nous étions impatients… mais aussi un peu impressionnés.

LE MACHU PICCHU : NOS CONSEILS POUR ORGANISER SA VISITE

S'il y a bien une étape de votre voyage que nous vous conseillons de préparer à l'avance, c'est celle-ci.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le plus compliqué n'est pas de rejoindre le Machu Picchu, mais d'obtenir les billets d'entrée.

Les places sont limitées et chaque visiteur doit désormais réserver un circuit précis à un horaire déterminé. Beaucoup de voyageurs attendent d'être au Pérou pour acheter leurs billets et se retrouvent parfois à faire plusieurs heures de queue à Aguas Calientes, puis attendre plusieurs jours leur date de visite sans être certains d'obtenir le circuit qu'ils souhaitent...

Pour éviter ce stress, j'avais consulté en amont le tableau disponible sur le site officiel du Ministère de la Culture péruvien, qui indique les dates d’ouverture des ventes en fonction du jour de visite souhaité. Le jour venu, nous avons réservé immédiatement notre créneau et nous ne pouvons que vous conseiller de faire la même chose.


Voici le lien du ministère : https://tuboleto.cultura.pe/llaqta_machupicchu

Comment rejoindre Aguas Calientes ?

Le Machu Picchu ne se rejoint pas directement. Il faut d'abord atteindre Aguas Calientes, le petit village situé au pied de la montagne.

- Le train est la solution la plus confortable et c'est l'option que nous avons choisie.

Depuis Ollantaytambo, les compagnies PeruRail et Inca Rail proposent plusieurs départs quotidiens. Nous avons choisi de voyager avec PeruRail, principalement parce que les horaires correspondaient davantage à notre organisation. Le trajet dure environ 1 h 30 et serpente au fond de la vallée en longeant la rivière Urubamba. Les wagons sont bien décorés, avec de grandes fenêtres panoramiques. On a même droit à une boisson chaude, des biscuits, une barre de céréales et des bonbons à la coca durant le trajet.

Le paysage est magnifique tout au long du parcours et le train permet de gagner un temps précieux. Comptez toutefois un minimum de 65 dollars par personne, selon la période et les horaires.

- Hidroelectrica est l'alternative économique. Si vous disposez d'un peu de temps, une autre option existe et séduit de nombreux backpackers. 

Depuis Cusco, des minibus rejoignent Hidroeléctrica en six à sept heures de route. Il suffit ensuite de marcher 10 à 11 kilomètres le long de la voie ferrée jusqu'à Aguas Calientes, soit environ 2 h 30 à 3 heures de marche. On a lu que le chemin est quasiment plat et ne présente pas de difficulté particulière. Cette solution revient beaucoup moins cher que le train et permet de profiter pleinement des paysages.

Nous avons privilégié le train afin de gagner du temps, mais si nous revenions un jour au Pérou avec quelques journées supplémentaires, cette option nous tenterait beaucoup.

Aguas calientes : le parcours du combattant

 

Une fois arrivés à Aguas Calientes, le Machu Picchu n'est toujours pas en vue et seule une statue nous permet de comprendre que nous ne sommes plus très loin...

Le village n'est pas vraiment agréable : les maisons n'ont aucun charme particulier, c'est plutôt un ensemble d'hôtels, bars et restaurants les uns à côté des autres... une sorte de salle d'attente géante.

 

Deux possibilités s'offrent alors aux visiteurs :

  • emprunter une navette qui rejoint l'entrée en une trentaine de minutes
  • ou gravir à pied les escaliers qui traversent la forêt, soit près de deux heures de montée

Arrivés à la gare, il faut encore traverser tout un marché de souvenirs — bravo le commerce ! — avant d’atteindre le village. L’emplacement de la compagnie de bus n’est pas très bien indiqué et nous ne pensions pas devoir faire la queue pour attraper la navette. Mais en arrivant, nouveau moment de stress : une file d’attente de plusieurs centaines de mètres s’étend devant nous. Heureusement, nous apprenons qu'une seconde compagnie de bus, la Torontoy Compagny, vient tout juste d'être autorisée à desservir le site, aux côtés de la compagnie historique Consettur. Les billets sont légèrement moins chers — environ 11 dollars par personne — et surtout la file est presque inexistante.

Nous n'hésitons pas une seconde.

Quelques minutes plus tard, nous sommes déjà installés dans le bus, et à 11 h 45, nous arrivons devant l'entrée du Machu Picchu pour un circuit réservé à midi !

Autant vous dire que nous avons poussé un énorme soupir de soulagement !

Monter… ou redescendre à pied ?

Au départ, nous avions vraiment prévu de monter au Machu Picchu à pied. Mais notre train est arrivé avec une trentaine de minutes de retard et, en voyant l'heure tourner, nous avons préféré assurer notre créneau d'entrée réservé à midi en empruntant la navette.

En revanche, il était hors de question de renoncer complètement au sentier ! Nous avons donc choisi de faire la descente à pied après notre visite.

Comptez environ 1 h 30 pour descendre la multitude d'escaliers qui serpente à travers la montagne en prenant votre temps puis 30 minutes pour atteindre Aguas Calientes. 

La descente est vraiment très sympa et tout le long nous nous sommes félicités d'avoir fait le choix de prendre la navette à l'aller car la pente est vraiment très raide et les escaliers interminables !

Malgré tout, dès les premiers mètres, le paysage change complètement : après les hauts plateaux de l'Altiplano, les cactus, les eucalyptus ou les paysages minéraux de la Vallée Sacrée, nous avons soudain l'impression de pénétrer dans une véritable forêt tropicale.

La végétation devient dense, humide et luxuriante. Les fougères géantes remplacent les herbes sèches des Andes, les oiseaux se font plus nombreux et l'ambiance est totalement différente de celle que nous avons connue tout au long de notre voyage.

Quel circuit choisir ?

Depuis 2024, il n'est plus possible de visiter librement le Machu Picchu.

Chaque billet correspond à un circuit précis, avec un itinéraire imposé et un sens de circulation unique. Une fois la visite commencée, impossible de revenir sur ses pas.

Le site est aujourd'hui organisé autour de trois grands circuits, eux-mêmes déclinés en plusieurs variantes :

  • Le circuit 1, dit Panoramique, privilégie les points de vue emblématiques sur la citadelle.
  • Le circuit 2, appelé Classique, est le plus complet. Il permet à la fois d'admirer le célèbre panorama de carte postale et de traverser une grande partie des quartiers de la cité inca.
  • Le circuit 3, dit Royauté, se concentre davantage sur les secteurs bas et donne accès à certaines randonnées comme le Huayna Picchu selon les variantes choisies.


Pour une première découverte, nous avons opté pour le circuit 2.

Et honnêtement, nous pensons qu'il constitue le meilleur choix. C'est celui qui offre l'expérience la plus complète.

Une visite beaucoup plus paisible que nous l'imaginions

Nous avions un peu peur de découvrir un site noir de monde. Après tout, le Machu Picchu accueille chaque jour plusieurs milliers de visiteurs venus des quatre coins du monde. Et pourtant... C'est probablement ce qui nous a le plus surpris. Grâce au système des créneaux horaires, des circuits imposés et des sens de circulation, nous n'avons jamais eu l'impression d'être dans une foule compacte. Chacun avance à son rythme et les visiteurs se répartissent naturellement sur les différents itinéraires.

Nous passons près de 2h30 à explorer la cité sans voir le temps passer. 

Voici une photo prise depuis le belvédère du circuit 2, sur laquelle on peut voir les principaux centres d'intérêt :

Nous découvrons les célèbres terrasses agricoles qui épousent parfaitement les reliefs de la montagne. Elles servaient à la fois à cultiver et à stabiliser le terrain, un véritable chef-d'œuvre d’ingénierie inca.

C'est au point de vue emblématique, celui que l’on voit sur toutes les photos, que nous passons le plus de temps et prenons le plus de photos. On en profite même pour refaire nos photos de profil Instagram 😁

Découvrir ce paysage en vrai est extraordinaire. La vue s’ouvre complètement sur la vallée et les montagnes environnantes, offrant des panoramas à couper le souffle. On aperçoit notamment le Huayna Picchu, cette montagne qui domine la cité et que certains visiteurs gravissent au prix d’une ascension assez sportive, voire périlleuse.

En redescendant du point de vue, nous franchissons la porte qui donne accès au Secteur Sacré et nous retrouvons sur la place centrale, devant de longues façades en pierres dont les toitures ont disparu mais dont il reste les pignons triangulaires. Ce secteur abritait autrefois les bâtiments religieux et cérémoniels les plus importants de la cité.



Comme c'était déjà le cas à Sacsayhuaman, Pisac ou Ollantaytambo, un détail revient sans cesse : presque toutes les portes et les fenêtres possèdent une forme trapézoïdale. Plus larges à la base qu'au sommet, elles présentent également des montants légèrement inclinés vers l'intérieur. 

Ce choix n'avait rien d'esthétique. Les Incas vivaient dans une région fortement exposée aux séismes et avaient compris qu'une ouverture trapézoïdale répartissait beaucoup mieux les contraintes qu'une ouverture rectangulaire. Lors d'un tremblement de terre, les pierres pouvaient légèrement bouger sans provoquer l'effondrement des murs.

Nous faisons une halte devant les célèbres Miroirs d'eau, deux bassins parfaitement taillés dans le granit. Selon les archéologues, ils étaient autrefois remplis d'eau afin de refléter le Soleil, la Lune ou les étoiles. Les prêtres incas les auraient utilisés lors de cérémonies religieuses et d'observations astronomiques. Impossible d'en avoir la certitude aujourd'hui, mais ce simple détail rappelle à quel point les Incas entretenaient un lien étroit avec les astres et les cycles de la nature.


En quittant le Machu Picchu, nous nous sommes demandé ce qui rendait ce lieu si particulier. Est-ce la prouesse architecturale ? Son histoire ? Son implantation au sommet de cette montagne entourée d'une végétation luxuriante ? Ou tout simplement l'émotion que l'on ressent en découvrant cette cité après des mois à en rêver ? Probablement un peu de tout cela.

Cette journée restera sans aucun doute l'un des moments forts de notre voyage. Mais ce qui nous a le plus marqués, finalement, c'est de réaliser que le Machu Picchu ne résume pas à lui seul le Pérou. Après avoir traversé l'Altiplano, partagé le quotidien d'une famille sur les rives du lac Titicaca, exploré le canyon de Colca, flâné dans les ruelles d'Ollantaytambo ou parcouru la Vallée Sacrée, nous avons compris que cette merveille du monde n'était en réalité que la pièce maîtresse d'un pays incroyablement riche et attachant.



vendredi 29 mai 2026

La Vallée Sacrée

 LA VALLEE SACREE

Après cinq nuits passées à Cusco, nous quittons la capitale historique des Incas pour rejoindre la Vallée Sacrée. La plupart des voyageurs la découvrent lors d'une excursion à la journée au départ de Cusco. Nous avons préféré prendre notre temps en posant nos valises trois nuits à Ollantaytambo. 

Cette vallée fertile, traversée par la rivière Urubamba, était autrefois le grenier de l'empire inca. Son climat plus doux permettait de cultiver le maïs, les pommes de terre et de nombreuses autres cultures destinées à approvisionner Cusco. Aujourd'hui encore, les terrasses agricoles façonnent les montagnes et les petits villages ont conservé une grande partie de leur authenticité.

POURQUOI CHOISIR OLLANTAYTAMBO COMME CAMP DE BASE ?

Depuis Cusco, nous rejoignons Ollantaytambo en colectivo au départ de la rue Pavitos. Pour seulement 20 soles par personne (moins de 5 €), nous parcourons les deux heures de route qui nous séparent de notre nouvelle étape.

Dès notre arrivée, nous comprenons que ce village n'a rien à voir avec les autres.


Ollantaytambo est l'une des rares villes incas encore habitées. Son plan d'origine est quasiment intact et les habitants vivent toujours dans des maisons construites sur les fondations de l'époque inca. Les ruelles pavées sont parcourues de petits canaux d'irrigation où l'eau descend directement de la montagne, exactement comme il y a plusieurs siècles.

La ville est finalement assez petite et s’organise principalement autour de deux axes : l’un reliant la gare ferroviaire au marché artisanal, l’autre reliant le site archéologique à la Plaza de Armas.

Nous adorons immédiatement l'atmosphère qui règne ici. Les ruelles sont décorées, les façades en pierre alternent avec des murs blanchis à la chaux, les balcons débordent de géraniums et, partout, les montagnes semblent encercler le village.

Tout se découvre à pied. On flâne sans véritable objectif, simplement pour le plaisir de se perdre dans ce labyrinthe de ruelles où l'on croise aussi bien des habitants rentrant du marché que des femmes en tenue traditionnelle installées devant leur métier à tisser.

Nous posons nos bagages à la Casa Patacalle où nous passerons trois nuits. L’établissement nous coûte 89 € avec les petits-déjeuners inclus et l’emplacement est vraiment idéal pour découvrir la ville à pied. Notre chambre possède même une superbe vue sur les ruines du site archéologique.

LES SITES ARCHEOLOGIQUES D'OLLANTAYTAMBO

Dominant le village, la forteresse d'Ollantaytambo est l'un des plus beaux sites archéologiques de la Vallée Sacrée. Son entrée est comprise dans le Boleto Turístico. Impossible de séjourner ici sans visiter cette impressionnante forteresse qui domine le village.

Nous vous conseillons de visiter le site dès son ouverture ou au plus tard avant 10 heures. À cette heure-là, les nombreux bus d'excursion en provenance de Cusco ne sont généralement pas encore arrivés et l'on profite beaucoup plus sereinement des lieux. 


Le site servait à la fois de forteresse, de centre religieux et de centre agricole. On y découvre d'immenses terrasses parfaitement conservées, le Temple du Soleil composé de gigantesques monolithes parfaitement ajustés, ainsi que de nombreux canaux d'irrigation toujours fonctionnels.

Nous commençons par la partie basse du site qui traverse les fontaines et le Temple de l’Eau avant de grimper la longue série d’escaliers menant au Temple du Soleil et à l’ancienne zone militaire. 


En mai, juste après la saison des pluies, les collines qui entourent Ollantaytambo sont encore d'un vert éclatant, ce qui rend le panorama particulièrement beau. Et comme souvent, des alpagas paissent tranquillement en liberté. C'est devenu un peu notre repère tout au long du voyage : dès que l'on apercevait des alpagas dans un décor grandiose, on se disait en souriant : "Pas de doute, nous sommes bien au Pérou !"

Comme à Sacsayhuamán, nous sommes fascinés par la qualité des assemblages. Les pierres sont taillées avec une précision incroyable, parfois même avec des angles légèrement arrondis, ce qui rend leur ajustement encore plus impressionnant.

Encore un peu plus haut, nous rejoignons le secteur d’Inka Watana qui offre un superbe panorama sur tout le village et la vallée.


Juste en face de la forteresse se trouve un autre site beaucoup moins connu : PinkuyllunaContrairement au site principal, l'accès est entièrement gratuit.

Une vingtaine de minutes de montée suffisent pour rejoindre d'anciens greniers incas construits à flanc de montagne. Leur emplacement n'a rien d'un hasard : exposés au vent et à l'abri de l'humidité, ils permettaient de conserver les récoltes dans des conditions idéales.



Si nous vous conseillons cette balade, c'est aussi surtout pour la vue. Depuis les hauteurs de Pinkuylluna, on profite d'un magnifique panorama sur tout Ollantaytambo, ses toits en tuiles rouges, sa forteresse inca et les montagnes qui ferment la vallée.

En plus, il y a beaucoup moins de visiteurs qu'au site principal.


UNE FETE TRADITIONNELLE INATTENDUE

Nous avons eu la chance d'être présents pendant les célébrations du Señor de Choquekillca, l'une des fêtes religieuses les plus importantes d'Ollantaytambo. Cette fête, classée au patrimoine culturel du Pérou, est l'une des plus importantes de toute la Vallée Sacrée et rassemble chaque année des milliers de fidèles venus des villages environnants.

Nous ne l'avions absolument pas anticipé en préparant notre voyage… et ce fut l'une des plus belles surprises de notre séjour.

Tout autour de la ville, d'immenses barnums sont installés pour accueillir les communautés venues des villages voisins. Certaines familles parcourent plusieurs heures de route pour participer aux festivités et vivent sur place pendant plusieurs jours. Cette fête est avant tout la leur et l'on sent qu'elle constitue un moment de retrouvailles autant qu'une célébration religieuse.

Dès le premier matin, la Plaza de Armas se transforme en véritable œuvre d'art éphémère. Les habitants réalisent pendant plusieurs heures d'immenses mandalas colorés directement sur le sol, à l'aide d'écorces de bois finement broyées, de sciure teintée et de pétales de fleurs. Nous passons un long moment à les regarder travailler. Chacun apporte minutieusement sa petite touche jusqu'à former des motifs d'une précision incroyable. 


Si des défilés et des danses animent les rues pendant toute la durée de la fête, c'est incontestablement la cérémonie d'ouverture, appelée La Entrada, qui nous a le plus impressionnés. Pendant plus de deux heures, les différentes communautés défilent autour de la Plaza de Armas au son des fanfares. Chaque groupe porte son costume traditionnel, richement brodé, parfois orné de masques, de plumes ou de coiffes spectaculaires. Plus d'une quinzaine de troupes de danse se succèdent ainsi, chacune avec ses propres musiciens et ses propres chorégraphies, dans une explosion de couleurs et de musique.


Nous passons une bonne partie de la journée à admirer le spectacle. Ce qui nous touche le plus, c'est qu'il ne s'agit pas d'une animation organisée pour les touristes, mais d'une véritable tradition profondément ancrée dans la vie des habitants. Les familles applaudissent, les enfants courent derrière les danseurs, les anciens retrouvent leurs proches… et nous avons la sensation très privilégiée d'assister à un moment de vie authentique.

C'est précisément ce genre de surprise qui rend un voyage inoubliable. Aucun itinéraire, aussi bien préparé soit-il, ne peut prévoir ce type de rencontre avec la culture locale.



UNE EXCELLENTE BASE POUR EXPLORER LA VALLEE SACREE

Au-delà de son charme, Ollantaytambo est idéalement située pour rayonner dans toute la Vallée Sacrée. C'est depuis ce village que nous sommes partis vers le MachuPicchu (décrit dans un autre article), mais aussi que nous avons aussi rejoint les salines de Maras, les terrasses circulaires de Moray et Chinchero. Nous avons visité le site de Pisac depuis Cusco mais il était tout à fait possible de le découvrir depuis Ollantaytambo. 

Finalement, nous ne regrettons absolument pas d'avoir quitté Cusco quelques jours. Cette parenthèse au cœur de la Vallée Sacrée nous a permis de découvrir un Pérou plus rural, plus authentique et beaucoup plus calme.

Si nous devions conseiller une seule modification à un itinéraire classique, ce serait probablement celle-ci : plutôt que de faire la Vallée Sacrée en une longue excursion depuis Cusco, prenez le temps d'y dormir quelques nuits. Vous profiterez bien davantage des lieux… et vous risquez, comme nous, de tomber sous le charme d'Ollantaytambo.

LES TRESORS DE LA VALLEE SACREE

Avant même de découvrir les différents sites, je pense qu'il est sympa de faire une halte sur la petite place du village de Maras où se dresse une étonnante sculpture monumentale.

Au premier regard, elle ressemble à une simple statue… mais il suffit d'en faire le tour pour comprendre qu'elle raconte en réalité toute la Vallée Sacrée.

Chaque face met en scène l'un des grands sites de la région : les célèbres salines de Maras, les terrasses concentriques de Moray, le village traditionnel de Chinchero et ses tisserandes, ainsi que les paysages andins qui les relient. Sculptée dans un style très coloré, elle rend hommage au patrimoine historique, agricole et culturel de cette partie du Pérou.

Nous avons trouvé l'idée vraiment originale. Avant même de prendre la route, cette œuvre résume parfaitement ce qui nous attend : une vallée où histoire, traditions et paysages sont intimement liés.


LES SALINES DE MARAS : UN PAYSAGE UNIQUE

À environ 30 minutes de route et 18 km d'Ollantaytambo se trouvent les célèbres Salineras de Maras.


À flanc de montagne, plus de 5 000 bassins de sel forment une immense mosaïque blanche qui épouse parfaitement le relief. Vue d'en haut, on dirait presque une œuvre d'art.


L'entrée coûte 20 soles par personne, mais elle est gratuite avec le boleto touristique. En revanche, la visite est assez rapide : une vingtaine de minutes suffit largement, car on n'a pas le droit de marcher dans les salines et l'on doit se contenter des passerelles aménagées pour les observer de loin. C'est d'ailleurs un peu frustrant, car on aurait aimé s'en approcher davantage.

Ces salines sont exploitées depuis l'époque pré-inca. Une source naturellement très salée jaillit de la montagne puis l'eau est répartie dans les différents bassins. Sous l'action du soleil et du vent, l'eau s'évapore progressivement pour laisser place aux cristaux de sel qui sont ensuite récoltés à la main.

Ce qui nous a le plus surpris, c'est que ce site est toujours exploité aujourd'hui par les familles du village voisin. Chaque bassin appartient à une famille qui perpétue ce savoir-faire ancestral de génération en génération.

MORAY : UN LABORATOIRE AGRICOLE A CIEL OUVERT

Depuis Maras, il faut compter environ 25 minutes de route pour rejoindre Moray. Le trajet traverse au passage un magnifique plateau de cultures, avec de vastes parcelles agricoles qui s'étendent à perte de vue et offrent de superbes vues sur les montagnes environnantes. 

L'accès au site de Moray est compris dans le Boleto Turístico ; si vous ne l'avez pas, il faut compter 70 soles pour le billet partiel. 

Au premier regard, on découvre d'immenses terrasses circulaires parfaitement dessinées qui s'enfoncent dans le sol comme un gigantesque amphithéâtre. On croirait une immense œuvre de land art façonnée par la nature.

Il est possible de descendre au fond du vallon pour observer les terrasses de plus près.

Longtemps, les archéologues se sont interrogés sur leur fonction. L'hypothèse aujourd'hui la plus admise est que les Incas y réalisaient des expérimentations agricoles. Chaque niveau bénéficie d'un microclimat différent pouvant varier de plusieurs degrés entre le sommet et le fond des terrasses. Ils pouvaient ainsi observer quelles cultures s'adaptaient le mieux aux différentes conditions climatiques.

Quand on imagine que ces recherches étaient déjà menées il y a plus de cinq siècles, on mesure une nouvelle fois l'incroyable avance des Incas dans le domaine de l'agriculture.

Même sans être passionné d'histoire, le lieu impressionne par sa géométrie presque parfaite. 

CHINCHERO : ENTRE TRADITIONS ANDINES ET ARTISANAT

Situé à environ 30 minutes de Moray ou 1h d'Ollantaytambo, Chinchero est un village perché à près de 3 800 mètres d'altitude. Ce qui fait surtout sa réputation, ce sont ses nombreuses coopératives de tisserandes.

Dès notre arrivée, nous sommes tout de suite déguisés en habits traditionnels. C'est déjà la deuxième fois du voyage, après la presqu'île de Llachon sur le lac Titicaca. L'expérience nous fait sourire, d'autant plus qu'elle est suivie d'un moment que nous n'attendions pas forcément : nous nourrissons les alpagas pendant une bonne vingtaine de minutes. Ils sont bien sûr dans un enclos, mais cela n'enlève rien au plaisir du moment. 

L'activité est très bien rodée et l'on sent que les femmes ont l'habitude de recevoir des visiteurs. Pourtant, nous sommes seuls ce jour-là, et c'est justement ce qui rend l'expérience agréable. Ce n'est pas vraiment le genre d'activité que nous recherchons habituellement, mais dans ces conditions, nous passons un très bon moment.

Nous assistons à une démonstration passionnante des techniques traditionnelles de tissage. Les femmes nous expliquent comment elles lavent, filent puis teignent la laine d'alpaga ou de mouton uniquement à l'aide de colorants naturels : certaines fleurs donnent du jaune, différentes plantes produisent des verts, tandis que la célèbre cochenille permet d'obtenir toute une palette de rouges et de roses. Voir naître toutes ces couleurs à partir d'ingrédients naturels est vraiment fascinant.


Après la visite, nous passons évidemment par le magasin. Comme l'entrée est gratuite, on se sent presque obligés d'acheter quelque chose, et il faut bien reconnaître que le système est plutôt bien pensé. Sans vouloir me répéter, ce n'est pas vraiment le genre de visite que nous avons l'habitude de faire, mais comme il s'agit d'articles faits main, nous ne regrettons pas nos achats.


PISAC, LE VILLAGE BOHEME

À seulement 45 minutes de Cusco, Pisac est souvent une simple étape pour visiter son célèbre site archéologique. Et pourtant, le site inca mérite largement la visite avec ses terrasses agricoles, ses fortifications et ses vues magnifiques sur la vallée.

Pour s'y rendre depuis Cusco, il faut se rendre dans la rue Puputi et prendre un collectivo. Pour seulement 6 soles par personne (environ 1,50 €), nous rejoignons le village en une quarantaine de minutes à travers la Vallée Sacrée.

Dès notre arrivée, nous ressentons rapidement un changement de climat. En effet, Pisac se situe dans une vallée différente de celle de Cusco ; nous sommes ici dans la Vallée Sacrée qui bénéficie de températures plus douces. Ce jour-là, nous apprécions cette sensation de chaleur après plusieurs journées passées sur les hauts plateaux andins.

Le site archéologique domine la vallée, près de 500 mètres au-dessus de la ville. Pour nous y rendre, nous prenons un taxi qui grimpe par une route en lacets pendant une quinzaine de minutes. C'est probablement le trajet en taxi le plus cher de tout notre voyage : 30 soles pour quelques kilomètres ! Heureusement, l'entrée du site est déjà comprise dans le Boleto Turístico.

Les ruines de Pisac comptent parmi les plus importantes de la Vallée Sacrée. On y découvre d'impressionnantes terrasses agricoles épousant parfaitement les courbes de la montagne, d'anciens quartiers d'habitation, des temples et des postes de surveillance dominant toute la vallée. Comme souvent avec les constructions incas, ce qui impressionne le plus reste l'incroyable adaptation du site au relief naturel. Tout semble avoir été construit en parfaite harmonie avec la montagne.


 

Pour redescendre, nous préférons délaisser le taxi et emprunter le sentier qui rejoint directement le village. Et quelle bonne idée ! Le chemin traverse des paysages magnifiques, tantôt le long des terrasses verdoyantes, tantôt par des escaliers parfois très raides ou des passerelles aménagées à flanc de montagne. La vue sur la vallée est superbe du début à la fin et nous profitons même d'une pause pique-nique face à ce décor grandiose.




À notre arrivée dans le village, le charme opère immédiatement. Pisac possède une ambiance très bohème. Sur la place principale et dans les rues adjacentes se déploie un immense marché à ciel ouvert particulièrement coloré. Les étals débordent de ponchos, de sacs tissés, de bijoux en argent, de céramiques et d'objets artisanaux. Même sans avoir l'intention d'acheter quoi que ce soit, il est difficile de ne pas flâner longuement dans cette joyeuse effervescence.



Pisac dégage vraiment une énergie très particulière. C'est sans doute l'un des villages qui nous a le plus séduits durant ce voyage. Si nous avions eu davantage de temps, nous y aurions volontiers passé une ou deux nuits pour profiter pleinement de cette ambiance unique.