jeudi 21 mai 2026

Presqu’île de Llachon

 Quelques jours en immersion sur la presqu’île de Llachón

Après les grands paysages de l’Altiplano, nous changeons complètement de rythme en arrivant sur la presqu’île de Llachón, au bord du lac Titicaca.

Pendant trois jours, nous vivons au sein d’une famille péruvienne qui nous accueille chez elle comme si nous faisions déjà partie de la maison. Nous avions trouvé leurs coordonnées grâce au groupe Facebook « Les Français au Pérou », qui nous a énormément aidés dans la préparation de ce voyage et nous sommes heureux de les partager ici avec vous : +51 951 613 779. 

Nous voici donc chez Luis y Antonia qui vivent dans la petite commune de Santa Maria, avec vue directe sur le lac et l'île de Taquile.

Pour être honnête, cette expérience restera probablement comme l’un de nos plus beaux souvenirs du Pérou.


Une immersion dans la vie quotidienne

Ici, pas de programme touristique ni d’activités organisées à la chaîne. Nous partageons simplement leur quotidien et prenons également le temps de découvrir les environs à pied...






Au fil des journées, chacun nous transmet un peu de son savoir. Avec Marian, la fille de la famille, nous partons récolter des fèves, du maïs et une plante appelée Chujo. 

Le lendemain, le papa Luis nous montre comment cette plante est utilisée pour fabriquer un shampoing naturel.



Antonia, elle, nous fait découvrir son incroyable travail de tissage. Elle nous explique les différentes techniques qu’elle maîtrise avant de nous aider à fabriquer nos propres bracelets.

 


Un après-midi, lorsqu'elle se fait le plaisir de nous faire revêtir les vêtements traditionnels péruviens, il faut bien reconnaître que cela nous amuse beaucoup ! Ces tenues colorées font partie intégrante de l'identité culturelle de la région et nous prenons beaucoup de plaisir à jouer le jeu le temps de quelques photos.

Ces vêtements traditionnels ne sont d'ailleurs pas qu'un élément du folklore local : ils sont parfaitement adaptés au climat ! Même si nous avons eu globalement de la chance avec la météo, dès que le soleil disparaissait derrière les nuages ou les montagnes, les températures chutaient très rapidement. À près de 4 000 mètres d'altitude, les matinées et les soirées étaient particulièrement fraîches.


Pour être honnêtes, nous avons parfois souffert du froid. Contrairement à nos habitudes européennes, il n'y a aucun chauffage dans les maisons : ni dans les chambres, ni dans la salle de bain, ni même dans la pièce de vie où nous prenions nos repas. La nuit, nous dormions sous quatre épaisses couvertures en laine d'alpaga et il nous est arrivé plus d'une fois de dîner en doudoune !

Le moment le plus sportif restait sans doute la douche. Imaginez-vous sortir de vêtements bien chauds lorsqu'il fait entre 5 et 10 °C à l'extérieur, dans une salle de bain dont certaines lames des volets sont cassées et laissent passer les courants d'air... Disons que les douches étaient rapides et que la motivation devait être au rendez-vous ! 😄

Finalement, cette petite expérience nous a aussi permis de mieux comprendre le quotidien des habitants. Pour eux, ces conditions font simplement partie de la vie de tous les jours. Cela rend encore plus impressionnante leur capacité d'adaptation et leur bonne humeur permanente.

Une vie simple mais exigeante

La vie ici est belle mais elle est loin d'être facile. Luis et Antonia sont agriculteurs et éleveurs. Chaque journée est rythmée par les travaux des champs, les soins aux animaux et les nombreuses tâches indispensables à la vie de la ferme.

Ils cultivent eux-mêmes une grande partie de ce qu'ils consomment : pommes de terre, fèves, maïs, quinoa et divers légumes adaptés à l'altitude.



Ils sont presque autosuffisants et se rendent rarement en ville. Ils y achètent uniquement les produits qu'ils ne peuvent pas produire eux-mêmes comme le café, le thé, la farine ou encore le papier toilette. Quant au poisson du lac, ils l'obtiennent souvent grâce au troc en échange de leurs légumes.

Autant dire que pendant trois jours nous avons mangé des produits ultra-locaux et biologiques, dont certains que nous avions nous-mêmes récoltés quelques heures auparavant !

 

Une médecine très proche de la nature

Ce qui nous a également marqués, c'est leur connaissance impressionnante des plantes.

Comme beaucoup de familles andines, ils restent très à l'écoute de la nature et utilisent encore de nombreuses plantes médicinales pour se soigner au quotidien. Chaque promenade est l'occasion d'apprendre les propriétés d'une herbe, d'une fleur ou d'une racine utilisée depuis des générations.

Lorsque Fred fait de la fièvre le 2ème matin, c'est Antonia qui le soigne grâce à la plante appelée Muña associée à des feuilles d'eucalyptus qu'elle frotte sur son front... 

La muña on la consomme également durant tout notre séjour en infusion car elle est réputée pour traiter le mal de l'altitude.

Ramener les animaux à la bergerie

Une fois, en fin de journée, nous accompagnons pequeño Luis, le plus jeune fils de la famille, pour aller chercher le troupeau avant la nuit.

Nous traversons les collines qui dominent le lac afin de récupérer les huit moutons et les deux alpagas pour les ramener à la bergerie.

Nous longeons le lac et marchons sur la plage... une plage à 3800 mètres d'altitude ! Et nous assistons alors à un magnifique coucher de soleil...



 

Encore une fois, rien d’extraordinaire sur le papier… mais ce sont précisément ces petits moments du quotidien qui rendent l’expérience aussi authentique.

Entre espagnol et quechua

Les repas sont toujours de vrais moments d’échange. Nous passons beaucoup de temps à discuter avec eux autour de la table familiale et, de temps en temps, nous les entendons parler en quechua, la langue héritée des Incas et encore très présente dans toute cette région des Andes.

Même sans tout comprendre, entendre cette langue dans ce décor rend l’expérience encore plus particulière.

Une vie très familiale et communautaire

Ce qui nous marque aussi énormément ici, c’est leur mode de vie très collectif.

Chaque jour, cousins, tantes, oncles, voisins, amis ou enfants passent à la maison, partagent un repas, discutent quelques heures puis repartent. La porte semble toujours ouverte et les moments de partage font totalement partie du quotidien.

Pendant ces quelques jours, nous profitons aussi beaucoup du calme des lieux. La vue sur le lac Titicaca est magnifique et l’ambiance incroyablement paisible.


Une fête traditionnelle à Capachica

Nous avons également la chance d’accompagner la famille à une compétition de danse traditionnelle dans le village de Capachica, situé à une quinzaine de kilomètres de Llachón.

Et pour y aller, pas de voiture classique : Luis nous y emmène directement dans la benne de son tuk-tuk ! 😄


L’ambiance sur place est incroyable : costumes colorés, musique, danses et habitants réunis autour de cet événement local. Clairement le genre de moment qu’on n’aurait jamais vécu sans cette immersion chez l’habitant.



Après la compétition, tout le monde se retrouve sur la place du village et passe la fin de l'après-midi à boire de la bière et à danser. Fred se fait même "draguer" par une péruvienne qui ne le quitte plus !




lundi 18 mai 2026

De Arequipa au Lac Titicaca

D’Arequipa au lac Titicaca : une route spectaculaire à travers l’Altiplano


Pour rejoindre le lac Titicaca depuis Arequipa, nous avons emprunté la route 34A qui contourne les volcans Chachani et Misti avant de traverser les immenses paysages de l’Altiplano péruvien.


Cette journée de trajet restera clairement comme l’un des grands moments du voyage. La route grimpe progressivement jusqu’à plus de 4800 mètres d’altitude avant de redescendre vers le lac Titicaca situé à environ 3800 mètres, ce qui en fait le lac navigable le plus haut du monde.

Transport privé ou bus collectif ?

Pour ce trajet, nous avons choisi de réserver un transport privé plutôt qu’un bus collectif. Le tarif est évidemment beaucoup plus élevé — environ 180 € — mais honnêtement, nous ne l’avons absolument pas regretté.

Cela nous a permis de nous arrêter dès qu’un paysage nous plaisait, de prendre notre temps et surtout de profiter pleinement de cette traversée incroyable. En bus, une bonne partie de ces arrêts aurait été impossible.

Au final, ce transfert s’est transformé en véritable excursion d’une journée.

Traversée de l’Altiplano et premiers animaux andins

Après les paysages volcaniques et désertiques autour d’Arequipa, le décor change complètement. Nous traversons de vastes zones humides recouvertes d’Ichu, cette grande herbe dorée typique de la pampa andine.


Partout autour de nous vivent en liberté des troupeaux de vigognes, de lamas et d’alpagas. Voir ces animaux évoluer dans d’aussi grands espaces donne une vraie impression de bout du monde.



Au fil de nos déplacements dans l'Altiplano, nous avons appris à distinguer les différents camélidés sud-américains. L'alpaga ressemble davantage à un mouton avec son corps trapu, sa petite tête ronde et son abondante toison. Ses oreilles sont courtes et pointues. 
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il existe plusieurs espèces et races bien distinctes. L'alpaga que nous rencontrons le plus souvent est l'alpaga huacayo, qui représente environ 90 % de la population d'alpagas. C'est celui que tout le monde imagine : une petite tête attachante, un museau court et une laine abondante, dense et frisée qui lui donne un aspect de grosse peluche vivante.



Plus rare, l'alpaga suri se reconnaît immédiatement à sa toison très différente. Ses longues mèches soyeuses tombent de chaque côté du corps comme des dreadlocks naturelles. Nous n'en avons pas croisé sur l'altiplano car il est moins bien adapté aux conditions climatiques des hauts plateaux andins ; nous n'en avons croisé qu'autour de la Vallée Sacrée.


Le lama, quant à lui, est plus grand et plus élancé. Son long cou, sa tête allongée et ses oreilles en forme de banane lui donnent une silhouette qui rappelle davantage les chameaux et les dromadaires dont il est un proche cousin. Le lama chaku, reconnaissable à son abondante toison laineuse, est particulièrement présent sur les hauts plateaux de l'Altiplano où il est mieux protégé du froid et du vent. 
Le lama q'ara, à poils plus courts, est quant à lui davantage rencontré dans les vallées andines et notamment autour de Cusco.



Les vigognes, quant à elles, aperçues dans la pampa, sont particulièrement difficiles à approcher. Cette énorme différence s’explique simplement : l’alpaga et le lamas sont domestiqués alors que la vigogne reste un animal sauvage. 
Une fois par an seulement, le gouvernement autorise une capture très réglementée des vigognes afin de récupérer leur laine avant de les relâcher.
Nous apprenons également quelque chose d’incroyable concernant leur laine : celle de vigogne peut atteindre près de 400 $ le kilo alors que celle d’alpaga tourne plutôt autour de 70 $.

Ce qui est assez amusant c'est qu'avant le voyage, on appelait systématiquement tous ces animaux des "lamas". Mais après notre séjour au Pérou, on se surprend à vouloir corriger notre famille ou nos amis😄

Notre premier maté contre l’altitude

À ces altitudes, nous commençons aussi à ressentir légèrement les effets du manque d’oxygène : la tête nous tourne un peu, on a l'impression de flotter au-dessus de nos corps, une sensation assez étrange...

Notre chauffeur nous fait alors découvrir notre premier maté Inca, une infusion locale réputée pour aider à lutter contre le mal de l’altitude. Ce mélange de chachacoma, muña et feuilles de coca est très consommé dans toute la région andine.

Honnêtement, impossible de savoir si c’est réellement efficace… mais cela fait désormais partie intégrante du voyage 😄

Une randonnée improvisée vers une source d’eau chaude

Grâce à Google Maps, Fred avait repéré une petite randonnée menant à une source d’eau chaude perdue au milieu de la pampa.

Notre chauffeur accepte gentiment de nous attendre une heure pendant que nous partons explorer les environs. Nous traversons alors les grandes étendues d’Ichu et de zones humides avant de remonter une rivière dans un décor totalement sauvage et magnifique.





En chemin, nous croisons toute une famille de viscaches peu farouches qui nous observent tranquillement passer. 

La localisation GPS étant assez approximative, nous cherchons la source quelques minutes avant de finalement tomber dessus… et la surprise est totale. En plein milieu de nulle part, cette source chaude naturelle est absolument magnifique.


Ce genre de moment imprévu est souvent ce que l’on préfère pendant nos voyages.

Le mirador Carlitos à plus de 4300 mètres

Un peu plus loin sur la route, nous faisons également un arrêt au mirador Carlitos situé à 4320 mètres d’altitude.

En plus des paysages magnifiques sur l’Altiplano, nous avons la chance d’y observer un aigle en plein vol stationnaire juste au-dessus de nos têtes. Un moment assez impressionnant dans un décor déjà grandiose.



La lagune Lagunillas

La dernière partie du trajet traverse une région de lagunes magnifiques dont l’immense lagune Lagunillas.

Avec ses dimensions impressionnantes — environ 20 km de long pour 6 km de large et jusqu’à 48 mètres de profondeur — elle ressemble presque à un véritable lac intérieur avec plusieurs petites îles disséminées au milieu.

Les couleurs, les reflets et les montagnes en arrière-plan rendent l’endroit particulièrement photogénique.


Arrivée sur le lac Titicaca

Après 8h30 de route et de nombreux arrêts — soit environ 325 kilomètres parcourus — nous arrivons enfin au nord-ouest du lac Titicaca, sur la presqu’île de Llachón.

Ici, le décor change encore complètement. Pendant quelques jours, nous allons vivre au sein d'une famille péruvienne afin de partager un peu leur quotidien et découvrir leur mode de vie au bord du lac.