lundi 18 mai 2026

De Arequipa au Lac Titicaca

D’Arequipa au lac Titicaca : une route spectaculaire à travers l’Altiplano


Pour rejoindre le lac Titicaca depuis Arequipa, nous avons emprunté la route 34A qui contourne les volcans Chachani et Misti avant de traverser les immenses paysages de l’Altiplano péruvien.


Cette journée de trajet restera clairement comme l’un des grands moments du voyage. La route grimpe progressivement jusqu’à plus de 4800 mètres d’altitude avant de redescendre vers le lac Titicaca situé à environ 3800 mètres, ce qui en fait le lac navigable le plus haut du monde.

Transport privé ou bus collectif ?

Pour ce trajet, nous avons choisi de réserver un transport privé plutôt qu’un bus collectif. Le tarif est évidemment beaucoup plus élevé — environ 180 € — mais honnêtement, nous ne l’avons absolument pas regretté.

Cela nous a permis de nous arrêter dès qu’un paysage nous plaisait, de prendre notre temps et surtout de profiter pleinement de cette traversée incroyable. En bus, une bonne partie de ces arrêts aurait été impossible.

Au final, ce transfert s’est transformé en véritable excursion d’une journée.

Traversée de l’Altiplano et premiers animaux andins

Après les paysages volcaniques et désertiques autour d’Arequipa, le décor change complètement. Nous traversons de vastes zones humides recouvertes d’Ichu, cette grande herbe dorée typique de la pampa andine.


Partout autour de nous vivent en liberté des troupeaux de vigognes, de lamas et d’alpagas. Voir ces animaux évoluer dans d’aussi grands espaces donne une vraie impression de bout du monde.



Au fil de nos déplacements dans l'Altiplano, nous avons appris à distinguer les différents camélidés sud-américains. L'alpaga ressemble davantage à un mouton avec son corps trapu, sa petite tête ronde et son abondante toison. Ses oreilles sont courtes et pointues. 
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il existe plusieurs espèces et races bien distinctes. L'alpaga que nous rencontrons le plus souvent est l'alpaga huacayo, qui représente environ 90 % de la population d'alpagas. C'est celui que tout le monde imagine : une petite tête attachante, un museau court et une laine abondante, dense et frisée qui lui donne un aspect de grosse peluche vivante.



Plus rare, l'alpaga suri se reconnaît immédiatement à sa toison très différente. Ses longues mèches soyeuses tombent de chaque côté du corps comme des dreadlocks naturelles. Nous n'en avons pas croisé sur l'altiplano car il est moins bien adapté aux conditions climatiques des hauts plateaux andins ; nous n'en avons croisé qu'autour de la Vallée Sacrée.


Le lama, quant à lui, est plus grand et plus élancé. Son long cou, sa tête allongée et ses oreilles en forme de banane lui donnent une silhouette qui rappelle davantage les chameaux et les dromadaires dont il est un proche cousin. Le lama chaku, reconnaissable à son abondante toison laineuse, est particulièrement présent sur les hauts plateaux de l'Altiplano où il est mieux protégé du froid et du vent. 
Le lama q'ara, à poils plus courts, est quant à lui davantage rencontré dans les vallées andines et notamment autour de Cusco.



Les vigognes, quant à elles, aperçues dans la pampa, sont particulièrement difficiles à approcher. Cette énorme différence s’explique simplement : l’alpaga et le lamas sont domestiqués alors que la vigogne reste un animal sauvage. 
Une fois par an seulement, le gouvernement autorise une capture très réglementée des vigognes afin de récupérer leur laine avant de les relâcher.
Nous apprenons également quelque chose d’incroyable concernant leur laine : celle de vigogne peut atteindre près de 400 $ le kilo alors que celle d’alpaga tourne plutôt autour de 70 $.

Ce qui est assez amusant c'est qu'avant le voyage, on appelait systématiquement tous ces animaux des "lamas". Mais après notre séjour au Pérou, on se surprend à vouloir corriger notre famille ou nos amis😄

Notre premier maté contre l’altitude

À ces altitudes, nous commençons aussi à ressentir légèrement les effets du manque d’oxygène : la tête nous tourne un peu, on a l'impression de flotter au-dessus de nos corps, une sensation assez étrange...

Notre chauffeur nous fait alors découvrir notre premier maté Inca, une infusion locale réputée pour aider à lutter contre le mal de l’altitude. Ce mélange de chachacoma, muña et feuilles de coca est très consommé dans toute la région andine.

Honnêtement, impossible de savoir si c’est réellement efficace… mais cela fait désormais partie intégrante du voyage 😄

Une randonnée improvisée vers une source d’eau chaude

Grâce à Google Maps, Fred avait repéré une petite randonnée menant à une source d’eau chaude perdue au milieu de la pampa.

Notre chauffeur accepte gentiment de nous attendre une heure pendant que nous partons explorer les environs. Nous traversons alors les grandes étendues d’Ichu et de zones humides avant de remonter une rivière dans un décor totalement sauvage et magnifique.





En chemin, nous croisons toute une famille de viscaches peu farouches qui nous observent tranquillement passer. 

La localisation GPS étant assez approximative, nous cherchons la source quelques minutes avant de finalement tomber dessus… et la surprise est totale. En plein milieu de nulle part, cette source chaude naturelle est absolument magnifique.


Ce genre de moment imprévu est souvent ce que l’on préfère pendant nos voyages.

Le mirador Carlitos à plus de 4300 mètres

Un peu plus loin sur la route, nous faisons également un arrêt au mirador Carlitos situé à 4320 mètres d’altitude.

En plus des paysages magnifiques sur l’Altiplano, nous avons la chance d’y observer un aigle en plein vol stationnaire juste au-dessus de nos têtes. Un moment assez impressionnant dans un décor déjà grandiose.



La lagune Lagunillas

La dernière partie du trajet traverse une région de lagunes magnifiques dont l’immense lagune Lagunillas.

Avec ses dimensions impressionnantes — environ 20 km de long pour 6 km de large et jusqu’à 48 mètres de profondeur — elle ressemble presque à un véritable lac intérieur avec plusieurs petites îles disséminées au milieu.

Les couleurs, les reflets et les montagnes en arrière-plan rendent l’endroit particulièrement photogénique.


Arrivée sur le lac Titicaca

Après 8h30 de route et de nombreux arrêts — soit environ 325 kilomètres parcourus — nous arrivons enfin au nord-ouest du lac Titicaca, sur la presqu’île de Llachón.

Ici, le décor change encore complètement. Pendant quelques jours, nous allons vivre au sein d'une famille péruvienne afin de partager un peu leur quotidien et découvrir leur mode de vie au bord du lac.

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