Quelques jours en immersion sur la presqu’île de Llachón
Après les grands paysages de l’Altiplano, nous changeons complètement de rythme en arrivant sur la presqu’île de Llachón, au bord du lac Titicaca.
Pendant trois jours, nous vivons au sein d’une famille péruvienne qui nous accueille chez elle comme si nous faisions déjà partie de la maison. Nous avions trouvé leurs coordonnées grâce au groupe Facebook « Les Français au Pérou », qui nous a énormément aidés dans la préparation de ce voyage et nous sommes heureux de les partager ici avec vous : +51 951 613 779.
Nous voici donc chez Luis y Antonia qui vivent dans la petite commune de Santa Maria, avec vue directe sur le lac et l'île de Taquile.
Pour être honnête, cette expérience restera probablement comme l’un de nos plus beaux souvenirs du Pérou.
Ici, pas de programme touristique ni d’activités organisées à la chaîne. Nous partageons simplement leur quotidien et prenons également le temps de découvrir les environs à pied...
Le lendemain, le papa Luis nous montre comment cette plante est utilisée pour fabriquer un shampoing naturel.
Ces vêtements traditionnels ne sont d'ailleurs pas qu'un élément du folklore local : ils sont parfaitement adaptés au climat ! Même si nous avons eu globalement de la chance avec la météo, dès que le soleil disparaissait derrière les nuages ou les montagnes, les températures chutaient très rapidement. À près de 4 000 mètres d'altitude, les matinées et les soirées étaient particulièrement fraîches.
Pour être honnêtes, nous avons parfois souffert du froid. Contrairement à nos habitudes européennes, il n'y a aucun chauffage dans les maisons : ni dans les chambres, ni dans la salle de bain, ni même dans la pièce de vie où nous prenions nos repas. La nuit, nous dormions sous quatre épaisses couvertures en laine d'alpaga et il nous est arrivé plus d'une fois de dîner en doudoune !
Le moment le plus sportif restait sans doute la douche. Imaginez-vous sortir de vêtements bien chauds lorsqu'il fait entre 5 et 10 °C à l'extérieur, dans une salle de bain dont certaines lames des volets sont cassées et laissent passer les courants d'air... Disons que les douches étaient rapides et que la motivation devait être au rendez-vous ! 😄
Finalement, cette petite expérience nous a aussi permis de mieux comprendre le quotidien des habitants. Pour eux, ces conditions font simplement partie de la vie de tous les jours. Cela rend encore plus impressionnante leur capacité d'adaptation et leur bonne humeur permanente.
Une vie simple mais exigeante
La vie ici est belle mais elle est loin d'être facile. Luis et Antonia sont agriculteurs et éleveurs. Chaque journée est rythmée par les travaux des champs, les soins aux animaux et les nombreuses tâches indispensables à la vie de la ferme.
Ils cultivent eux-mêmes une grande partie de ce qu'ils consomment : pommes de terre, fèves, maïs, quinoa et divers légumes adaptés à l'altitude.
Autant dire que pendant trois jours nous avons mangé des produits ultra-locaux et biologiques, dont certains que nous avions nous-mêmes récoltés quelques heures auparavant !
Une médecine très proche de la nature
Ce qui nous a également marqués, c'est leur connaissance impressionnante des plantes.
Comme beaucoup de familles andines, ils restent très à l'écoute de la nature et utilisent encore de nombreuses plantes médicinales pour se soigner au quotidien. Chaque promenade est l'occasion d'apprendre les propriétés d'une herbe, d'une fleur ou d'une racine utilisée depuis des générations.
Lorsque Fred fait de la fièvre le 2ème matin, c'est Antonia qui le soigne grâce à la plante appelée Muña associée à des feuilles d'eucalyptus qu'elle frotte sur son front...
La muña on la consomme également durant tout notre séjour en infusion car elle est réputée pour traiter le mal de l'altitude.
Ramener les animaux à la bergerie
Une fois, en fin de journée, nous accompagnons pequeño Luis, le plus jeune fils de la famille, pour aller chercher le troupeau avant la nuit.
Nous traversons les collines qui dominent le lac afin de récupérer les huit moutons et les deux alpagas pour les ramener à la bergerie.
Nous longeons le lac et marchons sur la plage... une plage à 3800 mètres d'altitude ! Et nous assistons alors à un magnifique coucher de soleil...
Encore une fois, rien d’extraordinaire sur le papier… mais ce sont précisément ces petits moments du quotidien qui rendent l’expérience aussi authentique.
Entre espagnol et quechua
Les repas sont toujours de vrais moments d’échange. Nous passons beaucoup de temps à discuter avec eux autour de la table familiale et, de temps en temps, nous les entendons parler en quechua, la langue héritée des Incas et encore très présente dans toute cette région des Andes.
Même sans tout comprendre, entendre cette langue dans ce décor rend l’expérience encore plus particulière.
Une vie très familiale et communautaire
Ce qui nous marque aussi énormément ici, c’est leur mode de vie très collectif.
Chaque jour, cousins, tantes, oncles, voisins, amis ou enfants passent à la maison, partagent un repas, discutent quelques heures puis repartent. La porte semble toujours ouverte et les moments de partage font totalement partie du quotidien.
Pendant ces quelques jours, nous profitons aussi beaucoup du calme des lieux. La vue sur le lac Titicaca est magnifique et l’ambiance incroyablement paisible.
Nous avons également la chance d’accompagner la famille à une compétition de danse traditionnelle dans le village de Capachica, situé à une quinzaine de kilomètres de Llachón.
Et pour y aller, pas de voiture classique : Luis nous y emmène directement dans la benne de son tuk-tuk ! 😄

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire