Autant dire que nous étions impatients… mais aussi un peu impressionnés.
LE MACHU PICCHU : NOS CONSEILS POUR ORGANISER SA VISITE
S'il y a bien une étape de votre voyage que nous vous conseillons de préparer à l'avance, c'est celle-ci.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le plus compliqué n'est pas de rejoindre le Machu Picchu, mais d'obtenir les billets d'entrée.
Les places sont limitées et chaque visiteur doit désormais réserver un circuit précis à un horaire déterminé. Beaucoup de voyageurs attendent d'être au Pérou pour acheter leurs billets et se retrouvent parfois à faire plusieurs heures de queue à Aguas Calientes, puis attendre plusieurs jours leur date de visite sans être certains d'obtenir le circuit qu'ils souhaitent...
Pour éviter ce stress, j'avais consulté en amont le tableau disponible sur le site officiel du Ministère de la Culture péruvien, qui indique les dates d’ouverture des ventes en fonction du jour de visite souhaité. Le jour venu, nous avons réservé immédiatement notre créneau et nous ne pouvons que vous conseiller de faire la même chose.
Voici le lien du ministère : https://tuboleto.cultura.pe/llaqta_machupicchu
Comment rejoindre Aguas Calientes ?
Le Machu Picchu ne se rejoint pas directement. Il faut d'abord atteindre Aguas Calientes, le petit village situé au pied de la montagne.
- Le train est la solution la plus confortable et c'est l'option que nous avons choisie.
Depuis Ollantaytambo, les compagnies PeruRail et Inca Rail proposent plusieurs départs quotidiens. Nous avons choisi de voyager avec PeruRail, principalement parce que les horaires correspondaient davantage à notre organisation. Le trajet dure environ 1 h 30 et serpente au fond de la vallée en longeant la rivière Urubamba. Les wagons sont bien décorés, avec de grandes fenêtres panoramiques. On a même droit à une boisson chaude, des biscuits, une barre de céréales et des bonbons à la coca durant le trajet.
Le paysage est magnifique tout au long du parcours et le train permet de gagner un temps précieux. Comptez toutefois un minimum de 65 dollars par personne, selon la période et les horaires.
- Hidroelectrica est l'alternative économique. Si vous disposez d'un peu de temps, une autre option existe et séduit de nombreux backpackers.
Depuis Cusco, des minibus rejoignent Hidroeléctrica en six à sept heures de route. Il suffit ensuite de marcher 10 à 11 kilomètres le long de la voie ferrée jusqu'à Aguas Calientes, soit environ 2 h 30 à 3 heures de marche. On a lu que le chemin est quasiment plat et ne présente pas de difficulté particulière. Cette solution revient beaucoup moins cher que le train et permet de profiter pleinement des paysages.
Nous avons privilégié le train afin de gagner du temps, mais si nous revenions un jour au Pérou avec quelques journées supplémentaires, cette option nous tenterait beaucoup.
Aguas calientes : le parcours du combattant
Une fois arrivés à Aguas Calientes, le Machu Picchu n'est toujours pas en vue et seule une statue nous permet de comprendre que nous ne sommes plus très loin...
Le village n'est pas vraiment agréable : les maisons n'ont aucun charme particulier, c'est plutôt un ensemble d'hôtels, bars et restaurants les uns à côté des autres... une sorte de salle d'attente géante.
Deux possibilités s'offrent alors aux visiteurs :
- emprunter une navette qui rejoint l'entrée en une trentaine de minutes
- ou gravir à pied les escaliers qui traversent la forêt, soit près de deux heures de montée
Arrivés à la gare, il faut encore traverser tout un marché de souvenirs — bravo le commerce ! — avant d’atteindre le village. L’emplacement de la compagnie de bus n’est pas très bien indiqué et nous ne pensions pas devoir faire la queue pour attraper la navette. Mais en arrivant, nouveau moment de stress : une file d’attente de plusieurs centaines de mètres s’étend devant nous. Heureusement, nous apprenons qu'une seconde compagnie de bus, la Torontoy Compagny, vient tout juste d'être autorisée à desservir le site, aux côtés de la compagnie historique Consettur. Les billets sont légèrement moins chers — environ 11 dollars par personne — et surtout la file est presque inexistante.
Nous n'hésitons pas une seconde.
Quelques minutes plus tard, nous sommes déjà installés dans le bus, et à 11 h 45, nous arrivons devant l'entrée du Machu Picchu pour un circuit réservé à midi !
Autant vous dire que nous avons poussé un énorme soupir de soulagement !
Monter… ou redescendre à pied ?
Au départ, nous avions vraiment prévu de monter au Machu Picchu à pied. Mais notre train est arrivé avec une trentaine de minutes de retard et, en voyant l'heure tourner, nous avons préféré assurer notre créneau d'entrée réservé à midi en empruntant la navette.
En revanche, il était hors de question de renoncer complètement au sentier ! Nous avons donc choisi de faire la descente à pied après notre visite.
Comptez environ 1 h 30 pour descendre la multitude d'escaliers qui serpente à travers la montagne en prenant votre temps puis 30 minutes pour atteindre Aguas Calientes.
La descente est vraiment très sympa et tout le long nous nous sommes félicités d'avoir fait le choix de prendre la navette à l'aller car la pente est vraiment très raide et les escaliers interminables !
Malgré tout, dès les premiers mètres, le paysage change complètement : après les hauts plateaux de l'Altiplano, les cactus, les eucalyptus ou les paysages minéraux de la Vallée Sacrée, nous avons soudain l'impression de pénétrer dans une véritable forêt tropicale.
La végétation devient dense, humide et luxuriante. Les fougères géantes remplacent les herbes sèches des Andes, les oiseaux se font plus nombreux et l'ambiance est totalement différente de celle que nous avons connue tout au long de notre voyage.
Quel circuit choisir ?
Depuis 2024, il n'est plus possible de visiter librement le Machu Picchu.
Chaque billet correspond à un circuit précis, avec un itinéraire imposé et un sens de circulation unique. Une fois la visite commencée, impossible de revenir sur ses pas.
Le site est aujourd'hui organisé autour de trois grands circuits, eux-mêmes déclinés en plusieurs variantes :
- Le circuit 1, dit Panoramique, privilégie les points de vue emblématiques sur la citadelle.
- Le circuit 2, appelé Classique, est le plus complet. Il permet à la fois d'admirer le célèbre panorama de carte postale et de traverser une grande partie des quartiers de la cité inca.
- Le circuit 3, dit Royauté, se concentre davantage sur les secteurs bas et donne accès à certaines randonnées comme le Huayna Picchu selon les variantes choisies.
Et honnêtement, nous pensons qu'il constitue le meilleur choix. C'est celui qui offre l'expérience la plus complète.
Une visite beaucoup plus paisible que nous l'imaginions
Nous avions un peu peur de découvrir un site noir de monde. Après tout, le Machu Picchu accueille chaque jour plusieurs milliers de visiteurs venus des quatre coins du monde. Et pourtant... C'est probablement ce qui nous a le plus surpris. Grâce au système des créneaux horaires, des circuits imposés et des sens de circulation, nous n'avons jamais eu l'impression d'être dans une foule compacte. Chacun avance à son rythme et les visiteurs se répartissent naturellement sur les différents itinéraires.
Nous passons près de 2h30 à explorer la cité sans voir le temps passer.
Voici une photo prise depuis le belvédère du circuit 2, sur laquelle on peut voir les principaux centres d'intérêt :
Nous découvrons les célèbres terrasses agricoles qui épousent parfaitement les reliefs de la montagne. Elles servaient à la fois à cultiver et à stabiliser le terrain, un véritable chef-d'œuvre d’ingénierie inca.
C'est au point de vue emblématique, celui que l’on voit sur toutes les photos, que nous passons le plus de temps et prenons le plus de photos. On en profite même pour refaire nos photos de profil Instagram 😁
Découvrir ce paysage en vrai est extraordinaire. La vue s’ouvre complètement sur la vallée et les montagnes environnantes, offrant des panoramas à couper le souffle. On aperçoit notamment le Huayna Picchu, cette montagne qui domine la cité et que certains visiteurs gravissent au prix d’une ascension assez sportive, voire périlleuse.
En redescendant du point de vue, nous franchissons la porte qui donne accès au Secteur Sacré et nous retrouvons sur la place centrale, devant de longues façades en pierres dont les toitures ont disparu mais dont il reste les pignons triangulaires. Ce secteur abritait autrefois les bâtiments religieux et cérémoniels les plus importants de la cité.
Comme c'était déjà le cas à Sacsayhuaman, Pisac ou Ollantaytambo, un détail revient sans cesse : presque toutes les portes et les fenêtres possèdent une forme trapézoïdale. Plus larges à la base qu'au sommet, elles présentent également des montants légèrement inclinés vers l'intérieur.
Ce choix n'avait rien d'esthétique. Les Incas vivaient dans une région fortement exposée aux séismes et avaient compris qu'une ouverture trapézoïdale répartissait beaucoup mieux les contraintes qu'une ouverture rectangulaire. Lors d'un tremblement de terre, les pierres pouvaient légèrement bouger sans provoquer l'effondrement des murs.
En quittant le Machu Picchu, nous nous sommes demandé ce qui rendait ce lieu si particulier. Est-ce la prouesse architecturale ? Son histoire ? Son implantation au sommet de cette montagne entourée d'une végétation luxuriante ? Ou tout simplement l'émotion que l'on ressent en découvrant cette cité après des mois à en rêver ? Probablement un peu de tout cela.
Cette journée restera sans aucun doute l'un des moments forts de notre voyage. Mais ce qui nous a le plus marqués, finalement, c'est de réaliser que le Machu Picchu ne résume pas à lui seul le Pérou. Après avoir traversé l'Altiplano, partagé le quotidien d'une famille sur les rives du lac Titicaca, exploré le canyon de Colca, flâné dans les ruelles d'Ollantaytambo ou parcouru la Vallée Sacrée, nous avons compris que cette merveille du monde n'était en réalité que la pièce maîtresse d'un pays incroyablement riche et attachant.


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