Voici donc le récit de nos trois semaines sur la route, entre coups de cœur, détours imprévus et moments où Google Maps nous a clairement testés.
Pour commencer, il a bien fallu avaler les kilomètres. Depuis La Crau, dans le Var, direction la frontière Nord du Portugal, en traversant l’Espagne par le Pays basque. On vous épargne (volontairement) nos photos de Burgos et León — non pas qu’elles soient ratées, mais parce qu’on était déjà trop occupés à savourer. Retenez juste une chose : ces deux villes méritent largement un arrêt, voire un détour assumé.
La première partie de notre aventure s’est ensuite ancrée dans le nord du Portugal. Un nord vert, vallonné, ponctué de rios paresseux, de vignobles bien rangés et de jolis villages. Un décor parfait pour prendre le rythme, ralentir un peu… et se dire qu’on avait bien fait de ne plus avoir peur de la distance.
Chaves, première escale portugaise
On s’est garés près du pont romain de Trajano, LE symbole de la ville. Avec ses 160 mètres de long, il enjambe le fleuve Tâmega et il est exclusivement réservé aux piétons (comme une bonne partie du centre historique d’ailleurs). Autant dire que c’est très agréable de s’y balader sans avoir à slalomer entre les voitures.
On est aussi passés par le château médiéval. Pas de visite intérieure pour nous, mais son jardin fleuri vaut clairement le détour. En quelques minutes, on en fait le tour et on profite d’une jolie vue panoramique sur la ville. Simple et efficace.
Les rues pavées et piétonnes de Chaves se prêtent parfaitement au vélo, ce qui n’était pas du luxe avec les 37 degrés affichés ce jour-là 🥵. D’ailleurs, parenthèse importante : on a utilisé nos vélos tous les jours pendant ce voyage et on a béni l’idée de les avoir embarqués. Si vous partez au Portugal, prenez-les, vous nous remercierez plus tard 😉
Chaves est aussi connue pour posséder l’eau thermale la plus chaude d’Europe, autour de 76 degrés toute l’année. Le site se divise en deux parties : les thermes (payants) et la “Fonte do Povo”, littéralement la fontaine du peuple, située à l’extérieur. Pour être honnête, petite déception de mon côté : je m’attendais à quelque chose de plus authentique, plus… waouh.
En quittant Chaves, on a clairement enchaîné les kilomètres. Direction notre zone de bivouac, quelque part vers Pinhão, en plein cœur de la vallée du Douro.
Heureusement, les derniers kilomètres ont largement rattrapé le coup. La route serpente au milieu des collines, les vignobles en terrasses s’étirent à perte de vue, le Douro apparaît et disparaît au fil des virages… Un paysage tellement spectaculaire qu’il est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO. À ce moment-là, on a oublié la fatigue, les kilomètres en trop, et même notre erreur d’itinéraire. Juste ça, sous nos yeux.
Les vignobles en terrasses ondulent à flanc de colline et offrent, depuis la route, des panoramas absolument superbes. Le genre de paysages qui te font ralentir sans même t’en rendre compte, juste pour regarder un peu plus longtemps.
C’est d’ailleurs parce que Fred repère sur Maps une “praia fluvial” — une petite plage municipale au bord du fleuve — qu’on décide de quitter la route principale. Direction une voie étroite, pavée, presque confidentielle, avec une seule idée en tête : se rafraîchir. Parce qu’à ce stade-là, la température refuse obstinément de descendre sous les 35 degrés 🥵.
À l’arrivée, jackpot. Une grande étendue herbeuse au bord du Douro, des toilettes, un parking, des barbecues, et même un bistrot juste à côté. Le combo parfait. En discutant avec les gérants, on apprend qu’on peut rester pour la nuit, gratuitement, puisque l’endroit est communal.
Autant dire que notre premier bivouac au Portugal dépasse largement toutes nos espérances.
Pour les curieux (et les futurs chanceux) : Praia fluvial São Martinho
📍 41°11'58N – 7°24'21W
Arrivés en fin d’après-midi, on a encore le temps de gonfler les paddles et de profiter pleinement de la quiétude du lieu. Peu à peu, les visiteurs repartent, le site se vide, et on se retrouve seuls, face au Douro, dans un calme presque irréel.
Après le petit-déjeuner, on reprend la route direction un belvédère qui surplombe Pinhão, histoire de prendre un peu de hauteur et d’admirer une dernière fois les vignobles en terrasses qui épousent les rives du Douro. Le genre de vue qui donne envie de s’arrêter tous les dix mètres… et de remettre en question l’horaire de la journée.
Au programme, une dégustation de vins accompagnée d’un très joli plateau de charcuterie et de fromages, avec une belle vue sur les vignes en coteaux. Rien d’extravagant, juste ce qu’il faut pour apprécier l’instant — et se rappeler qu’on est bien en vacances.
Une escale fraîcheur à Amarante
En ce mois d’août 2024 particulièrement chaud, on a vite compris qu’il fallait parfois adapter le programme et chercher la fraîcheur avant tout. Amarante s’est alors imposée comme une escale parfaite pour lever le pied et respirer un peu.
La ville offre une agréable balade le long du fleuve Tâmega, que l’on parcourt tranquillement à vélo, avant de terminer par une baignade plus que bienvenue à la praia fluvial das Azenhas. Clairement le genre d’arrêt qui fait du bien au corps comme à l’esprit, quand le thermomètre s’emballe.
Et ici, grande nouveauté : même moi, j’ai tenté la traversée sur la digue… à vélo 😁. Rien à voir avec les pierres posées dans l’eau façon parcours d’équilibriste de Chaves : la digue est large, stable et beaucoup plus sécurisée. Autant dire que je me suis sentie soudain très aventureuse… mais toujours raisonnable.
Guimarães fait également partie de ces villes où l’on prend plaisir à s’arrêter. Son centre historique, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, se découvre facilement et invite à la flânerie. On l’a parcouru à vélo, en prenant le temps de se perdre dans les ruelles pavées et de profiter de l’atmosphère chargée d’histoire.
Ce jour-là, fait assez rare pour être signalé, le ciel était couvert. Une parenthèse presque rafraîchissante après la chaleur écrasante des jours précédents. Ça ne nous a évidemment pas empêchés de manger une glace, parce qu’il y a des traditions de voyage auxquelles on ne déroge pas, météo ou pas. Une visite agréable, à un rythme tranquille, sans se presser… et sans trop transpirer, ce qui restait, malgré tout, un critère essentiel.
Le lieu est paisible, perché un peu à l’écart, avec une belle ouverture sur les environs. On sent que c’est un endroit important, chargé de ferveur et de calme… mais ce jour-là, le soleil a décidé de voler la vedette. On a donc profité rapidement du panorama, échangé un regard du genre “ok, c’est beau, mais on fond”, et repris la route sans traîner.
On peut accéder au sanctuaire grâce à un vieux funiculaire à traction hydraulique, plein de charme… mais on a choisi une option légèrement plus sportive : les 682 marches, pour être précise. Une montée qui se mérite, entre pauses discrètes, souffle un peu court et satisfaction d’arriver là-haut par ses propres moyens. Disons que la vue et le sentiment d’accomplissement valaient largement quelques gouttes de sueur en plus 😅.
Les spots du soir sont toujours très importants pour moi lors de nos road-trips en van. Je les aime isolés… mais pas trop. Calmes, mais pas perdus au milieu de nulle part. Avec une belle vue, si possible. Autant dire que je suis un peu/beaucoup exigeante — et que, parfois, Fred en a sérieusement marre de chercher 😅.
Le spot ci-dessous a pourtant été trouvé un peu par hasard, comme souvent, mais après avoir longuement scruté Google Maps et, il faut bien l’avouer, en comptant aussi sur notre bonne étoile. C’est le genre d’endroit qu’on découvre en se disant “si c’est aussi bien que ça en a l’air, on est chanceux”.
Ici, sur la "Pista de Pesca" de Prado, près de Braga, on a dormi au calme, bercés par la rivière, avec une très belle vue pour décor. Pas de bruit, pas de passage. Juste nous, le Càvado, et cette sensation très agréable d’avoir trouvé exactement le bon endroit, celui qui fait oublier toutes les recherches et toutes les hésitations…
Juste en face du pont, près du parking principal, il y a une série de statues de soldats alignées. Elles rappellent un épisode historique : le passage des troupes romaines qui, selon la légende, hésitaient à traverser la rivière, persuadées qu’elle faisait perdre la mémoire. Pour prouver le contraire, leur chef aurait traversé le pont en appelant ses soldats par leur nom… et ils l’ont suivi. Une histoire qui ajoute un petit supplément d’âme à l’endroit, même quand on ne fait qu’y passer.
Si, comme Fred, vous aimez le kitesurf, la côte Nord du Portugal réserve de très belles sessions. La Praia de Moledo, avec l’océan en ligne de mire et le phare d’Insua au loin, fait clairement partie de celles qui marquent.
Là-bas, l’air change instantanément, la lumière aussi. Rien que le fait de retrouver l’océan après plusieurs jours à l’intérieur des terres procure une sensation particulière. À peine sur place, Fred ne résiste pas et se met à l’eau pour une belle session, glissant de la plage jusqu’au phare.
De mon côté, je profite du spectacle, les pieds dans le sable, à regarder les voiles danser sur l’eau. Une vraie bouffée d’air iodé, comme un petit retour aux sources.
Pour une soirée agréable, Barcelos est une bonne option. La ville est connue pour son coq porte-bonheur, véritable symbole du Portugal, et impossible de passer à côté : il est partout, sous toutes les formes, toutes les couleurs, au point de finir presque par nous suivre du regard.
La vieille ville est vraiment sympa. De la pierre ancienne, des ruelles pleines de charme, et surtout une belle ambiance une fois la soirée installée. De la musique résonne sur une place, les terrasses se remplissent, et on s’y sent bien. C’est vivant sans être bruyant, chaleureux sans être envahissant — exactement le genre d’endroit qu’on aime pour dîner tranquillement.
En revanche, soyons honnêtes : le reste de la ville nous a beaucoup moins séduits. Plus moderne, plus brut, sans réel intérêt à nos yeux. Mais le cœur historique fait largement le job et suffit à laisser une bonne impression… et à repartir avec le sourire.
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